Créer une verrière d'atelier dans un appartement parisien : ce qu'il faut savoir avant de se lancer
La verrière d'atelier est devenue la solution par défaut de la rénovation parisienne. On la voit partout, et pour de bonnes raisons : elle fait entrer la lumière dans des appartements profonds et mal éclairés, sans transformer le logement en plateau ouvert.
Mais entre la photo d'inspiration et la pose, il y a une question à laquelle personne ne répond avant de commander : le mur que vous voulez ouvrir est-il porteur ? De la réponse dépend un chantier simple, ou un chantier qui passe par une étude de structure et une assemblée générale.
Nous avons posé deux verrières sur nos derniers chantiers parisiens. Voici ce que nous en retenons.
Pourquoi la verrière fonctionne si bien dans un appartement parisien
Beaucoup de propriétaires arrivent avec un dilemme : garder les pièces fermées et sombres, ou tout ouvrir et perdre l'intimité, le calme et les odeurs de cuisine contenues.
La verrière refuse ce choix. Elle laisse passer la lumière tout en maintenant une séparation physique. Concrètement, elle apporte :
De la lumière naturelle en second jour, pour une pièce sans fenêtre ou mal orientée
Une séparation acoustique et olfactive entre la cuisine et le séjour
Une lisibilité des espaces : chaque pièce garde son usage
Une cohérence esthétique avec le bâti ancien parisien, dont elle reprend le vocabulaire industriel
Dans un appartement en enfilade, la distribution typique de l'haussmannien, c'est souvent la seule manière d'éclairer une pièce centrale sans casser la structure.
La question à se poser avant tout le reste : mur porteur ou cloison ?
C'est le point de bascule du projet. Il change le budget, le calendrier et les autorisations nécessaires.
Comment le savoir
Pas au son. Pas à l'épaisseur. Ces méthodes sont des approximations, et elles se trompent régulièrement dans le bâti ancien où les cloisons ont été refaites plusieurs fois.
On le sait :
par les plans de l'immeuble, que le syndic détient
par un relevé sur place par un professionnel
en cas de doute, par un bureau d'études structure
Cette dernière dépense représente quelques centaines d'euros. Rapportée à ce qu'une erreur peut coûter, c'est le meilleur investissement du chantier.
Ce que ça change :
| Cloison non porteuse | Mur porteur | |
|---|---|---|
| Étude préalable | Non | Étude de structure obligatoire |
| Renfort | Aucun | Linteau ou IPN |
| Copropriété | Travaux libres, parties privatives | Vote en assemblée générale |
| Durée | Quelques jours | Plusieurs semaines à plusieurs mois |
| Budget | Simple | Sans commune mesure |
Un mur porteur participe à la structure de l'immeuble. Il relève donc des parties communes, et son ouverture doit être autorisée par l'assemblée générale des copropriétaires. Des travaux réalisés sans cette autorisation sont irréguliers : le syndic peut exiger la remise en état.
Nos deux verrières parisiennes
Kléber : la verrière dans un appartement haussmannien
Sur cet appartement de 50 m², le programme comprenait l'ouverture de la cuisine, le redimensionnement du salon et de la chambre parentale, et l'installation d'une verrière pour maximiser la luminosité.
L'enjeu était ici la cohabitation : faire entrer une verrière au vocabulaire industriel dans un intérieur haussmannien avec moulures, cheminée et parquet massif en point de Hongrie, sans que l'un écrase l'autre.
Budget du chantier complet : 60 000 €, 3 mois et demi.
Paris 18e : la verrière d'atelier entre cuisine et salon
Sur cet appartement de 65 m², le projet reposait sur l'ouverture des espaces par suppression des cloisons non porteuses et la création d'une verrière d'atelier entre la cuisine et le salon.
C'est le cas de figure le plus favorable : les cloisons n'étaient pas porteuses. Le chantier a pu se dérouler sans étude de structure ni passage en assemblée générale.
Budget du chantier complet : 65 000 €, 3 mois.
Acier, aluminium, bois : que choisir ?
Il n'y a pas de bon matériau dans l'absolu, seulement un matériau adapté à votre situation.
L'acier. C'est le matériau d'origine des verrières d'atelier, et celui qui permet les profilés les plus fins donc le maximum de vitrage pour un encombrement minimal. C'est aussi le plus lourd et le plus coûteux. Sur un plancher bois ancien, son poids se prend en compte.
L'aluminium. Plus léger, moins cher, sans entretien, disponible dans un large choix de finitions. Les profilés sont légèrement plus épais que l'acier, ce qui se voit sur une verrière très fine mais reste discret sur une pose classique.
Le bois. Plus chaleureux, cohérent avec certaines menuiseries anciennes, mais des sections plus importantes et un entretien à prévoir. Plus rare dans ce type d'application.
Les deux points qu'on oublie :
Le vitrage. Un simple vitrage suffit rarement. Un vitrage feuilleté est recommandé pour la sécurité, particulièrement en présence d'enfants, et améliore l'affaiblissement acoustique, l'une des raisons pour lesquelles on pose une verrière plutôt que d'ouvrir.
La fixation. Une verrière se fixe dans un support qui doit pouvoir la recevoir. Dans le bâti ancien, cela suppose souvent une reprise du support en pied et en tête.
Budget et délais
Le coût d'une verrière dépend de trois choses, dans cet ordre :
La nature du mur. C'est le premier facteur, et de loin. Une ouverture dans une cloison non porteuse et une ouverture dans un mur porteur avec pose d'IPN n'appartiennent pas au même monde budgétaire.
Les dimensions et le matériau. Surface vitrée, nombre de traverses, acier ou aluminium, type de vitrage.
La reprise du support. Sol, plafond, tableaux : dans l'ancien, c'est rarement d'équerre et rarement plan.
Sur le calendrier, comptez :
fabrication sur mesure : plusieurs semaines, à anticiper dès l'étude
pose seule : quelques jours
si mur porteur : ajoutez le délai de l'assemblée générale, qui est le poste le plus variable de tous
Bonne nouvelle fiscale : dans un logement achevé depuis plus de deux ans, ces travaux relèvent du taux de TVA à 10 %.
Questions fréquentes
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Oui, mais cela suppose une étude de structure, la pose d'un renfort de type IPN ou linteau, et l'autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires, un mur porteur relevant des parties communes. Le budget et le délai n'ont rien à voir avec une pose dans une cloison simple.
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Ni au son ni à l'épaisseur : ces méthodes ne sont pas fiables dans le bâti ancien. On le détermine par les plans de l'immeuble, par un relevé sur place, ou par un bureau d'études structure en cas de doute.
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Pas si vous ouvrez une cloison non porteuse à l'intérieur de votre lot. Oui si le mur est porteur, ou si l'intervention affecte les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble.
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L'acier permet les profilés les plus fins mais reste le plus lourd et le plus cher. L'aluminium offre un très bon compromis poids-prix-entretien. Le choix dépend surtout du support, de la portée et du rendu recherché.
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Elle isole mieux qu'une ouverture franche, sans égaler une cloison pleine. Un vitrage feuilleté améliore sensiblement l'affaiblissement acoustique, c'est l'un des arguments principaux en faveur d'une verrière plutôt que d'un décloisonnement total.
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La pose elle-même prend quelques jours. C'est la fabrication sur mesure qui demande plusieurs semaines, et, si le mur est porteur, le passage en assemblée générale qui conditionne le calendrier.
Votre projet de verrière
Une verrière n'est pas un objet de catalogue : c'est une ouverture dans un mur, dans un immeuble donné, avec un plancher, une structure et un règlement de copropriété. Le choix du modèle vient en dernier.
Depuis 2008, Côme Rénov conçoit et pose des verrières dans le cadre de rénovations complètes à Paris et en région parisienne, tous corps d'état, avec un interlocuteur unique.